Les trois bandhas : les verrous qui canalisent l’énergie du souffle
Après les exercices respiratoires de purification, l’élève de yoga arrive à une étape plus subtile de son parcours, celle des bandhas, ou verrous. En sanskrit, le mot signifie littéralement verrou, et c’est exactement leur fonction : contenir, canaliser, empêcher qu’une énergie durement construite ne se dissipe. Ils préparent le terrain à la pratique du pranayama et, plus loin encore, à l’éveil de la kundalini shakti.
Il en existe trois, chacun agissant sur une zone précise du corps : jalandhara bandha, le verrouillage du menton, mula bandha, la contraction du périnée, et uddiyana bandha, la contraction abdominale. Pendant la pratique du pranayama, les yogis cherchent à unir deux forces, le prana et l’apana, et ce sont précisément ces verrous qui rendent cette union possible, avant que les mudras ne la scellent.
Les asanas, les postures classiques, stabilisent d’abord le corps, ce qui permet ensuite de progresser sans heurt dans la pratique du pranayama. Quand prana et apana finissent par se rejoindre, un courant se produit que les mots peinent à décrire, chacun doit en faire l’expérience par lui-même. C’est ce courant qui force l’accès vers sushumna, le canal central de l’énergie.
Jalandhara bandha, le verrouillage du menton
Le mot jala désigne le cerveau et le nerf qui traverse le cou, tandis que dhara signifie tirer vers le haut. Le geste consiste à appuyer fermement le menton contre la poitrine, dans la cavité jugulaire, aussi loin que le corps le permet. Cet étirement de la colonne vertébrale et des centres nerveux agit directement sur le cerveau. Jalandhara bandha se pratique durant la rétention du souffle, et empêche le prana de s’échapper vers le haut.
Mula bandha, la contraction du périnée
On s’assoit sur une couverture repliée, le talon gauche appuyé fermement contre le périnée, le talon droit posé sur la cuisse gauche. Le sphincter anal se contracte avec force pendant que le talon gauche maintient sa pression, tirant l’apana vers le haut par la contraction des muscles abdominaux, pour l’unir au prana grâce à jalandhara bandha. Les deux verrous se pratiquent en général simultanément, pendant le kumbhaka, la rétention du souffle, précisément pour permettre cette union.
Uddiyana bandha, la contraction abdominale
Contrairement aux deux précédents, uddiyana s’exécute le plus souvent seul, après une expiration complète, quand les poumons sont vides. Une expiration très forte pousse les poumons vers la partie supérieure du thorax et tire le diaphragme vers la cavité thoracique. Les yogis l’ont nommé ainsi parce qu’il fait littéralement monter le prana, l’énergie vitale, à l’intérieur de sushumna.
Ce que ces verrous rendent possible
Quand jalandhara empêche le prana de s’écouler vers le haut et que mula bandha retient l’apana vers le bas, les deux énergies s’unissent avec une puissance qui commence à pénétrer sushumna. C’est de là que la kundalini shakti s’éveille, remontant progressivement des chakras inférieurs, en particulier muladhara, le chakra racine, vers les centres supérieurs. Le yogi baigne alors dans un état de méditation profonde, à la lisière de la supraconscience.
Notre expérience à Esprit Calme
Les bandhas font partie des techniques les plus mal enseignées du yoga moderne, souvent réduites à une simple contraction musculaire sans qu’on explique jamais leur véritable fonction énergétique. Avec Nathalie, nous transmettons ces verrous depuis huit ans, après trente ans de pratique personnelle et une formation approfondie à la Isha Hatha Yoga School en Inde. Cette précision, nous la devons à une lignée qui n’a jamais cessé de transmettre ces gestes de génération en génération, et c’est cette même exigence que nous cherchons à faire vivre à travers nos stages.
Envie d’apprendre ces techniques directement auprès d’un enseignant ?
Les bandhas se lisent facilement, mais ils s’apprennent avec un accompagnement attentif, le risque de mal exécuter ces verrous n’étant pas négligeable. Nos stages partout en France permettent d’aborder cette pratique progressivement, avec des ajustements individuels. Si vous débutez ou avez un doute sur votre pratique, contactez-nous avant de vous lancer seul.
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