Physiquement, le chakra de la base se situe à la base de la colonne vertébrale, entre le sexe et l’anus. C’est le siège de l’énergie vitale et des glandes surrénales.

Muladhara signifie “racine” en sanskrit. C’est la base, notre lien avec la réalité matérielle. Il s’agit du premier chakra, celui dont la résonance est la plus basse en ce qui a trait à la fréquence. Son bon fonctionnement est essentiel et il est relié à la survie de notre être. Voici comment le chakra de la base est perçu par différentes cultures, différents systèmes de croyance.

MulhadaraCe premier chakra représente notre point d’ancrage avec la terre, avec la réalité matérielle. C’est le centre d’énergie qui s’intéresse à la survie au niveau le plus élémentaire qui soit :rester en vie. En général, lorsque nous parlons de chakra et de spiritualité, nous pensons à des choses de l’esprit, mais il ne faut jamais oublier que pour s’occuper des choses spirituelles, il faut d’abord posséder un corps qui nous permette de poursuivre ce genre de conversation. C’est le rôle du chakra de la base, cette racine qui nous relie à la terre et à l’univers physique et qui voit à préserver notre existence. Ce point d’ancrage est essentiel à une saine spiritualité.

Le lien entre le premier chakra et la terre est très puissant (voir article sur les cinq éléments). C’est ce qui nous permet d’exister et de survivre dans le monde matériel de façon cohérente. A notre niveau d’évolution, nous ne pouvons exister sans ce lien. Le niveau de conscience du chakra de la base est celui de la survie; il s’illustre par les réflexes fondamentaux que nous éprouvons face au danger, par nos instincts et par la volonté de vivre en paix dans un environnement écologiquement stable. Il est essentiel d’équilibrer ce chakra en premier, car il constitue la pierre angulaire sur laquelle l’édifice de notre être et de notre conscience se construit. Si la base est instable, le reste de la construction s’écroulera un jour ou l’autre.

Le principal problème auquel nous nous heurtons face au chakra de la Terre se situe au niveau des croyances religieuses. La majorité des religions considèrent le corps comme une entrave à la spiritualité. Par exemple, certains praticiens du yoga croient que nous sommes confinés dans nos enveloppes charnelles et que nous attendons d’en être libérés comme s’il s’agissait d’une prison. Cette perception est partagée par de nombreuses sectes bouddhistes pour lesquelles l’atteinte du nirvana coïncide avec le détachement complet du corps et de tous les aspects matériels de l’existence. La chrétienté considère aussi souvent le corps comme une chose laide et sale que nous quitterons un jour pour entrer au paradis, domaine exclusif des âmes.

Le chakra de la base est le point de départ, le commencement; c’est le point d’ancrage qui nous permet de vivre le moment présent et d’en jouir pleinement. C’est à travers cette racine que nous parvenons à nous nourrir, à acquérir du pouvoir et de la stabilité pour nous permettre de croître et d’évoluer. C’est à travers ce chakra que nos idées se matérialisent; c’est sur le plan physique que nous testons nos théories et que nous faisons l’apprentissage de nos croyances. C’est le plan où nous pouvons liquider nos dettes karmiques afin de purifier notre âme. L’évolution, c’est içi qu’elle nous est permise, c’est à travers les expériences du corps que nous avançons et que nous pouvons atteindre nos objectifs spirituels. Il arrive que nous favorisions trop souvent les poursuites intellectuelles au détriment des activités physiques, en étant certains que la sagesse de l’esprit est supérieure à celle du corps. Ce type de raisonnement provoque des sentiments de gêne et de culpabilité face à nos fonctions naturelles; l’allaitement d’un enfant, la nudité, la sexualité, l’accouchement, la mort sont autant d’actes qui s’effectuent presque en cachette, comme si c’était honteux, comme si, en les ignorant, ils n’existaient pas. Ce type de comportement nous éloigne de la réalité de notre corps et de l’harmonisation du chakra de la base et, par conséquent, de celles des autres chakras qui suivent. Il ne faut pas oublier que, pour atteindre les états supérieurs, les chakras dits inférieurs doivent être en harmonie.

Nous devons donc accepter les limites que nous impose notre corps physique; c’est la clé de la véritable prise de conscience. Lorsque nous sommes bien ancrés, nous nous rendons compte de l’importance du moment présent; car, sur le plan physique, le passé et le futur n’existent pas vraiment. Le seul moment où nous pouvons réellement faire un geste, c’est dans le présent : “avant” et “après” ne sont que des idées.

Lorsque nous nous ancrons, que nous avons les pieds bien sur terre, nous gérons mieux notre stress, car le chakra de la base est un conduit par lequel le trop plein d’énergie nerveuse, qu’elle soit d’origine physique, émotive ou psychique, peut s’échapper et retourner au sol. Chaque fois que nous effectuons un exercice de relaxation, nous canalisons notre stress vers la terre.

Pour s’occuper adéquatement de notre spiritualité, il faut d’abord satisfaire nos besoins essentiels. Si nous ignorons cette règle, nous garderons notre esprit occupé à ce niveau de conscience et il deviendra pratiquement impossible d’évoluer spirituellement. Il faut se rendre compte que si notre esprit s’inquiète de savoir où nous vivrons, si nous aurons assez à manger et ainsi de suite, il y a de bonnes chances que notre développement spirituel en souffrira. cet instinct de survie nous ramène au temps de la préhistoire où l’homme devait constamment se tenir aux aguets afin de se protéger contre tous les dangers.